Lors d’un détatouage laser, un tatouage noir s’éclaircit souvent plus vite qu’un tatouage vert ou jaune. Ainsi, toutes les couleurs ne réagissent pas de la même manière au traitement.
Pourtant, un laser ne traite pas un tatouage au hasard. Chaque pigment absorbe certaines longueurs d’onde, c’est-à-dire certaines couleurs de lumière. C’est cette absorption qui permet de cibler les tatouages de couleurs différentes.
Couleur et longueur d’onde
Le principe du laser de détatouage est de délivrer une énergie très brève sur l’encre. Le pigment absorbe cette énergie et se fragmente en micro particules. L’organisme les élimine ensuite progressivement par ses mécanismes de nettoyage cellulaire.
La longueur d’onde se mesure en nanomètres. Une longueur d’onde courte agit plus facilement sur certains pigments superficiels. Une longueur d’onde plus longue pénètre davantage dans la peau et atteint les pigments plus profonds.
On imagine souvent que la couleur visible d’un tatouage suffit à prévoir sa réaction. En réalité, deux encres vertes peuvent avoir des compositions différentes et demander des réglages distincts.
Choix du laser
Le choix du laser et de la longueur d’onde dépend de la couleur, mais aussi de la profondeur du tatouage, de la quantité d’encre, du phototype de peau du patient et de la composition du pigment. Un examen médical permet de repérer ces éléments avant la première séance.
Un tatouage multicolore peut recevoir plusieurs longueurs d’onde au cours d’une même prise en charge. Chaque famille de pigments est alors traitée avec la lumière qui lui correspond le mieux.
Le vert, le jaune et le rouge figurent parmi les couleurs les plus difficiles à détatouer
Ces trois couleurs ne répondent pas toutes au même réglage.
- Vert : on utilise un laser de type alexandrite autour de 755 nanomètres ou un laser autour de 650 nanomètres. La réponse varie néanmoins selon le pigment bleu ou jaune entrant dans la fabrication de ce vert.
- Jaune : il réfléchit une grande partie de la lumière visible. Certaines encres contiennent du dioxyde de titane, qui peut compliquer le traitement ou modifier la couleur du pigment.
- Rouge et orange : on travaille à 532 nanomètres, longueur d’onde produite notamment par un laser Nd:YAG doublé en fréquence. Des pigments mélangés peuvent laisser persister des nuances brunes ou orangées.
Une couleur qui pâlit vite n’est pas forcément éliminée. Le tatouage peut sembler plus clair en surface. Pourtant, des particules restent présentes dans le derme, la couche profonde de la peau où l’encre a été déposée.
Noir, bleu et autres pigments
- Noir : le pigment absorbe un large spectre de lumière. Les lasers Nd:YAG 1064 nanomètres, alexandrite 755 nanomètres et rubis 694 nanomètres peuvent donc être utilisés selon le cas.
- Bleu foncé : il répond généralement bien au Nd:YAG 1064 nanomètres, au rubis ou à l’alexandrite, avec un choix adapté à la profondeur et au phototype.
- Violet et mauve : le rubis peut être indiqué, tandis que certaines nuances bleutées répondent aussi à l’alexandrite ou au Nd:YAG.
- Brun : le Nd:YAG 1064 nanomètres peut convenir, mais un brun cosmétique contenant des oxydes métalliques demande une évaluation spécifique.
Grâce à un équipement dédié de dernière génération : le laser Pico Seconde qui permet l’usage de plusieurs longueurs d’ondes, le docteur Enel peut changer de réglage entre deux zones d’un même motif afin de détatouer un tatouage composé de plusieurs couleurs.
Cette approche explique pourquoi deux tatouages de même couleur ne demandent pas toujours le même nombre de séances. Le bilan doit porter sur l’aspect du motif et sur le type d’encre probable.
Les pigments clairs et certains maquillages permanents exigent une vigilance particulière
Les pigments blancs, beiges, rose pâle, couleur chair et certains jaunes peuvent foncer après une séance laser. Ce phénomène porte le nom d’assombrissement paradoxal.
Une encre claire n’est pas forcément facile à éclaircir. Le dioxyde de titane peut virer au gris ou au noir sous l’effet du laser. Certains oxydes de fer peuvent aussi foncer.
Avant de traiter toute la surface, le praticien réalise un essai sur une petite zone. Il montre comment le pigment réagit.
La couleur n’est pas le seul facteur : profondeur, densité et composition comptent
Un tatouage professionnel est souvent plus dense et plus profond qu’un tatouage amateur. Il demande donc parfois davantage de séances, surtout si plusieurs couleurs sont superposées.
Le phototype compte aussi. La mélanine, pigment naturel de la peau, peut absorber une partie de l’énergie laser. Le risque de taches plus claires ou plus foncées augmente alors après la séance.
Les séances sont généralement espacées d’au moins six à huit semaines. Ce délai laisse la peau cicatriser et l’organisme éliminer peu à peu les fragments d’encre.
Le nombre de séances varie selon le tatouage. On cite en moyenne deux à dix séances. Il peut y en avoir davantage si le pigment est dense, profond ou difficile à cibler.
Un tatouage noir ou bleu foncé peut s’éclaircir de façon visible plus vite qu’un tatouage vert, jaune ou multicolore. Cela ne permet pas de prévoir le résultat de chacun avec certitude.
La stratégie peut changer pendant le protocole. Une couleur dominante disparaît parfois en premier. Une autre teinte apparaît alors, et elle demande une longueur d’onde différente.
L’objectif est souvent un éclaircissement important. Une disparition totale de chaque particule d’encre n’est pas garantie.
Une consultation médicale permet d’évaluer le résultat du traitement et ses contre-indications éventuelles.